Frédérique Seels, CD2E : ″Dans la transition, biosourcé et économie circulaire sont complémentaires″

À l’occasion de NORDBAT 2026 à Lille du 11 au 13 février, en plus de notre stand (G45), l’équipe Myral sera présente sur le Pavillon du CD2E (K42), réseau de référence en Hauts-de-France sur le bâtiment durable, l’économie circulaire et les ENR. Adhérents depuis l’an dernier, nous trouvons au CD2E un cadre naturel qui fait échos à notre démarche : réduire l’empreinte carbone de nos solutions, structurer l’économie circulaire de nos matières premières et faire avancer collectivement la transition du bâtiment.
À quelques jours du salon, nous avons échangé avec Frédérique Seels, directrice générale du CD2E, qui nous présente l’ADN du réseau et la dynamique de son écosystème sur le territoire.
Pouvez-vous présenter le CD2E : sa création, sa vocation, sa raison d’être ?
Frédérique Seels : « Le CD2E va bientôt fêter ses 25 ans. Il a été fondé à l’initiative d’un élu local, avec une intention déjà très claire à l’époque : accompagner l’éco-transition des entreprises et des territoires. Historiquement, notre action couvre trois grands champs : le bâtiment durable, l’économie circulaire et les énergies renouvelables.
Ces trois piliers ont toujours été présents. Ce qui a évolué, c’est la place prise par le bâtiment durable dans notre activité, car le territoire en avait un besoin fort : parc ancien important, enjeux de précarité énergétique, poids du logement social… Ici, faire du bâtiment durable est un acte très pragmatique. »
Quels sont aujourd’hui vos publics prioritaires et vos périmètres d’action ?
Frédérique Seels : « Nos cibles prioritaires sont les entreprises et éco-entreprises (celles qui portent des solutions), la maîtrise d’ouvrage (bailleurs sociaux, promoteurs) et les collectivités et établissements publics. Nous agissons sur nos trois piliers, avec une spécialisation ENR plutôt orientée photovoltaïque. Nous travaillons aussi sur les achats publics durables. Nous avons créé par exemple un “clausier environnemental” (la “Clause verte”) pour aider collectivités et bailleurs à intégrer des clauses environnementales dans leurs marchés. »
« Notre démarche, c’est “voir, toucher, comprendre… et prouver” pour rendre la transition opérante »
Le CD2E est aussi connu pour ses démonstrateurs. Quelle est votre approche ?
Frédérique Seels : « Notre démarche, c’est “voir, toucher, comprendre… et prouver”. Nous avons effectivement plusieurs plateformes et démonstrateurs pour sortir du discours et montrer ce qui fonctionne, avec du recul et de l’instrumentation.
L’idée est simple : on ne cherche pas à “prêcher”, on cherche à rendre la transition opérante, mesurable, reproductible. »
Combien d’adhérents compte le CD2E, et comment les sélectionnez-vous ?
Frédérique Seels : « D’abord, je tiens à dire qu’on peut bénéficier de nombreuses actions du CD2E sans être adhérent : d’ailleurs chaque année, ce sont des milliers de personnes qui fréquentent nos événements.
Ensuite, il n’y a pas de sélection à l’entrée. Nous avons environ 260 adhérents avec une belle diversité d’activités et de types de structure. S’ils s’investissent, ils trouvent des actions et événements pertinents pour eux car nous organisons une dizaine de grandes manifestations par an et une centaine de points de contact plus ciblés. Ils peuvent monter en compétence sur des sujets techniques, et surtout : faire des rencontres qui débouchent sur du concret. Je le dis clairement : c’est aussi du business durable. L’objectif, c’est de remplacer le business “non durable” par des solutions, des associations ou partenariats plus vertueux ! »
« Myral apporte une contribution intéressante : vous montrez qu’on peut faire évoluer un système existant en le rendant plus vertueux »
Qu’est-ce qu’un adhérent industriel de la façade comme Myral apporte au CD2E ?
Frédérique Seels : « Pour nous c’est important d’avoir des profils variés. Le CD2E, c’est l’éco-transition : et la transition, justement, c’est la diversité et la réalité des démarches. Myral a engagé une trajectoire depuis plusieurs années, en travaillant l’économie circulaire de ses matières et la réduction d’impact : c’est précisément le type de démarche qu’on veut encourager.
Et c’est aussi l’intérêt du réseau : le croisement. On progresse en se voyant, en se comparant, en se challengeant, en échangeant de la technicité et en se complétant. Il n’y a pas de solution unique : il y a des nuances, des mix, et une dynamique d’amélioration continue. »
On parle beaucoup de biosourcés dans la transition du bâtiment. Comment voyez-vous la complémentarité entre ces approches et des démarches comme celle de Myral, fondées sur l’économie circulaire et le recyclage des matières ?
Frédérique Seels : « Pour moi, il n’y a pas opposition. La transition ne se fait pas avec une seule “bonne” famille de solutions : elle se fait avec des complémentarités. Les biosourcés jouent un rôle majeur, c’est évident, mais l’économie circulaire est tout aussi structurante : réemploi, recyclage, réduction de l’empreinte matière… ce sont des leviers indispensables si l’on veut massifier.
Et puis, soyons pragmatiques : tout le monde ne bascule pas du jour au lendemain vers un modèle unique. Il faut des acteurs qui avancent là où ils ont de la prise. Quand une entreprise travaille sérieusement à intégrer du recyclé, à structurer des filières, à réduire l’impact de ses matières, elle fait bouger les lignes.
Dans ce sens, Myral apporte une contribution intéressante : vous êtes sur un produit très visible – la façade – avec une logique industrielle, et vous montrez qu’on peut faire évoluer un système existant en le rendant plus vertueux. C’est exactement l’esprit du CD2E : une transition opérante, progressive, mesurable, qui s’appuie sur des preuves et sur des coopérations. »
« Sur NORBAT nous voulons rappeler que la transition est un sujet d’avenir »
Plus globalement, en Hauts-de-France comment jugez-vous l’engagement des acteurs du bâtiment vers la transition ?
Frédérique Seels : « Je dirais qu’il y a toujours plus d’adhérents, toujours plus d’actions… mais surtout, des preuves. J’aime dire qu’il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.
Un exemple concret : le Pacte Bois/Biosourcé, signé en région, avec des engagements de 10 à 40% de biosourcés (construction/rénovation, bois et/ou isolants biosourcés). Chaque année, les objectifs sont dépassés, et les volumes progressent.
Mais je ne cache pas qu’il y a une inflexion : contexte économique difficile, incertitudes, fatigue… On sent parfois un “si ça ne coûte pas plus cher”. Et une forme de “à quoi bon”. Pourtant les conséquences climatiques sont déjà là : confort d’été, santé publique, précarité… La transition écologique, c’est une question autant sociale et sociétale qu’environnementale. »
Sur NORDBAT, le CD2E aura un Pavillon. Pourquoi est-ce important pour le réseau d’être présent ?
Frédérique Seels : « NORDBAT est un salon très généraliste et notre Pavillon permet de donner un couloir d’expression au bâtiment durable : montrer qu’on est là, qu’on avance, qu’on ne lâche pas.
C’est aussi l’occasion de créer des rencontres, d’alimenter des échanges, de participer à des conférences… et de rappeler que la transition est un sujet d’avenir, même quand l’époque est chahutée. C’est aussi ce message que nos adhérents, comme Myral, doivent porter ! »

